Conseils — Préparation à l'entretien

Enchaîner les refus : pourquoi ce n'est souvent pas une question de compétences

« J'ai eu quatre entretiens, quatre refus. À un moment, on finit par se demander si on vaut vraiment quelque chose. »

Cette phrase, je l'entends de personnes qui ont un vrai parcours. Des managers, des cadres, des profils solides qui, après plusieurs refus d'affilée, commencent à retourner la question contre eux-mêmes. Non plus « qu'est-ce qui n'a pas fonctionné cette fois », mais « qu'est-ce qui ne va pas chez moi ».

Le glissement se fait tout seul. Un refus, on l'encaisse. Deux, on cherche l'erreur. À partir du troisième, beaucoup arrêtent d'analyser la situation et se mettent à douter d'eux. C'est là que le raisonnement dérape.

Décrocher des entretiens, c'est déjà un signal

Quand quelqu'un obtient des entretiens, c'est que son profil intéresse. Le CV passe, l'expérience retient l'attention, le premier tri est franchi. Autrement dit, la question des compétences est déjà, en grande partie, réglée.

Ce que je vois souvent, c'est l'inverse de ce que la personne croit : elle n'échoue pas parce qu'elle n'a pas le niveau, elle échoue à un endroit qui n'a rien à voir avec le niveau. Et tant qu'elle cherche la cause du mauvais côté, elle ne peut pas la corriger.

Ce que le refus ne dit pas

Un refus arrive rarement avec sa vraie raison. On reçoit un mail poli, parfois rien du tout. Alors on comble le silence avec l'explication la plus douloureuse disponible : je n'étais pas à la hauteur.

Or les raisons réelles sont souvent ailleurs. Un autre candidat collait un peu plus au besoin. Le poste a été gelé, ou pourvu en interne. Le courant n'est pas passé, sans que ce soit la faute de personne. Et parfois, oui, l'état dans lequel vous êtes arrivé ce jour-là n'a pas laissé voir votre vrai niveau. Aucune de ces raisons ne dit que vous ne valez rien. Elles disent seulement que, cette fois, ça ne s'est pas aligné.

Ce que l'accumulation fait à l'intérieur

Le vrai problème, ce n'est pas un refus. C'est ce que la série de refus installe.

À chaque fois, un peu de pression s'ajoute. On arrive à l'entretien suivant avec l'entretien précédent sur le dos. On veut tellement que ça marche qu'on se tend, on en fait trop, ou on se protège d'avance de la déception en se disant que de toute façon, ce sera encore non. Le doute finit par se voir avant même qu'on ait parlé. Et c'est ce doute, pas le manque de compétence, qui pèse dans la pièce.

C'est le piège de l'accumulation : le refus abîme l'état, l'état abîme l'entretien suivant, et le refus suivant confirme ce qu'on croyait déjà. La personne se persuade que la spirale décrit son niveau, alors qu'elle ne décrit qu'un enchaînement.

Reprendre la main

Sortir de là ne passe pas par réviser davantage ses réponses. Le contenu, la plupart du temps, est déjà là. Ce qui change la donne, c'est de casser la spirale et de revenir à un état où votre valeur redevient lisible.

Concrètement, cela veut dire clarifier ce que vous apportez vraiment, pour ne plus arriver en cherchant à convaincre à tout prix ; retrouver du calme, pour que le dernier refus ne s'invite pas dans le prochain rendez-vous ; et regarder froidement ce qui s'est joué aux entretiens précédents, pour distinguer ce qui dépend de vous de ce qui n'en dépendait pas. C'est ce que je travaille en préparation à l'entretien avec les managers et les cadres — en visio, où que vous soyez en France, ou à Châteauroux.

L'idée n'est pas de vous transformer pour plaire. C'est de vous permettre d'arriver au prochain entretien sans traîner les précédents, et de laisser voir un niveau que vous avez déjà.

Vous êtes-vous déjà surpris, après quelques refus, à entrer en entretien en étant presque sûr que ce serait encore non ?

Si vous vous reconnaissez dans cette situation, on peut en parler. Un appel découverte de 30 minutes, offert et sans engagement, pour faire le point.

Réserver mon appel découverte